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Mal des montagnes

25/09/2007 - Lu 1683 fois
Informations pratiques sur le mal des montagnes (Mam) pour permettre de répondre aux questions essentielles : Comment se manifeste t-il ? comment mesurer sa gravité ? Comment le prévenir ? Que faire en cas de mal des montagnes ?

L’organisme n’apprécie pas deux paramètres de l’altitude : la pression diminue et l’oxygène se raréfie. Ce phénomène nécessite une adaptation à l'organisme pour s'habituer en augmentant sa ventilation et le nombre de globules rouges.

L'ascension du Kilimandjaro expose les trekkeurs au mal des montagnes du fait de l'ascension rapide à près de 6000 mètres. Son incidence est variable, mais augmente très rapidement avec l'altitude ; elle serait de 15 % à 2 000 mètres d'altitude et de 60 % à 4 000 mètres. Plus que jamais au Kilimandjaro, des troubles sont donc envisageables. Notez bien que chaque personne réagit différemment à l'altitude. Chacun doit savoir repérer la venue des signes. Avoir réussi plusieurs courses de haute montagne sans troubles ne signifie pas que vous êtes exempts à vie de mal des montagnes.

Différents troubles liés à l'altitude

  • Le mal aigu des montagnes bénin : Sa fréquence augmente rapidement avec l'altitude : 15% des sujets à 2000 m, 60% à 4000 m. Il se manifeste par une fatigue, des nausées, des maux de tête, une insomnie. Il apparaît 6H en moyenne après une ascension rapide et dure 48 à72 H.
  • Oedèmes périphériques (jambes gonflées par exemple), nausées.
  • Oedème pulmonaire : beaucoup plus grave, il concerne 0,5 à 2% des sujets au-dessus de 3000 m. Les signes en sont une toux sèche, un essoufflement même au repos avec oppression thoracique et tachycardie (accélération du pouls).Sans traitement la mortalité est de 40% !
  • Oedème cérébral : encore plus grave, la mortalité est de 50%. Souvent exacerbation d'un mal aigu avec maux de tête frontaux pulsatiles et des troubles de la coordination, puis coma.

La cause de ces pathologies est complexe et repose sur l'hypoxie (diminution du taux d'oxygène sanguin). C'est la base du test à l'hypoxie : on fait respirer au repos, puis à l'effort, un gaz à 11,5 % d'oxygène. Selon les résultats, on peut en déduire la sensibilité du sujet.

Uhuru Peak - 5895 mEchelle de gravité d'Astruc 

L'échelle de gravité d'Astruc permet d'évaluer la gravité de la situation et de prendre des mesures adaptées. A chaque symptôme est ainsi associe un "score" dont le total déterminera l'état de la personne.

  • Symptômes 1 : Céphalées, Insomnies, Nausées, perte de l'appétit, Vertiges = 1 point par signe.
  • Symptômes 2 : Maux de tête ne cédant pas à l'aspirine, Vomissements = 2 points par signe.
  • Symptômes 3 : Essoufflement au repos, Fatigue anormale, Baisse de la quantité des urines = 3 points par signe.

De 1 à 3 points : Il s'agit d'un mal des montagnes léger. On peut donc continuer a progresser sans dépasser la limite de 300 mètres de dénivelé entre deux nuits consécutives.

De 4 à 6 points : On est en présence d'un mal aigu des montagnes modéré. Il faut donc se reposer 24 heures à la même altitude et éviter les efforts violents. Egalement, prendre de l'aspirine contre les maux de tête ou un diamox et boire abondamment.

Au-delà de 6 points : Dans ce cas, redescendre impérativement et parfaire son acclimatation à une altitude inférieure.

Diamox : remède miracle ?

Le Diamox contient un inhibiteur d'une enzyme particulière : l'anhydrase carbonique. Le blocage de cette enzyme a pour effet de :

  • d'augmenter l'élimination d'eau et de bicarbonate par les reins ;
  • de faire baisser la pression des liquides contenus dans le cerveau ou dans l'oeil ;

Le Diamox acidifie le sang et permet d'accélérer la respiration et donc l'oxygénation.

Toutefois, prendre du Diamox ne supprime pas le mal aigu des montagnes. Ce médicament ne doit être utilisé que pour stabiliser un état avant ou pendant la descente vers une altitude qui permettra d'atténuer les effets du Mam.

L'utilisation du Diamox en prévention fait débat. Alors que la Wilderness Medecine Society la déconseille car des effets secondaires existent1, Emmanuel Cauchy, médecin du secours en montagne à Chamonix et guide de haute-montagne, le préconise : « l’acétazolamide (Diamox) est le plus efficace, surtout en traitement préventif » car « il lui faut 12 à 24 heures pour agir »2.

Médicament délivré sous ordonnance. Consultez votre médecin pour son utilisation.

Caisson hyperbareEviter le mal des montagnes

Contre-indications

La prévention repose d'abord sur le respect des contre-indications aux séjours en altitude.

  • Sont considérées comme contre-indications absolues : Les maladies coronariennes, l'insuffisance cardiaque et l'hypertension artérielle sévère, certaines maladies du sang, les maladies thrombo-emboliques, des antécédents du mal aigu des montagnes.
  • Contre-indications relatives : Les maladies cardio-vasculaires ou broncho-pulmonaires stabilisées, le diabète insulinodépendant bien équilibré, l'ulcère gastroduodénal, l'épilepsie, les rétinopathies, les maladies psychiatriques, la grossesse.
  • Aussi : Les âges extrêmes de la vie sont déconseillés. Pas d'altitude supérieure à 1 800 m avant 2 ans, et pas d'altitude supérieure à 3 000 m avant 12 ans et après 65 ans.

Précautions

  • Trois ou quatre mois avant  le départ, effectuez une remise en forme en pratiquant un sport d'endurance (natation, vélo, course à pied...) ;
  • Consultez votre médecin avant de réserver votre voyage pour vérifier que vous n'avez pas de contre-indications au trekking en haute altitude ;
  • Montez lentement pour accroître votre temps d'acclimatation et maximiser vos chances d'atteindre la cime. Ceci est primordial sur le Kilimandjaro car les dénivelés journaliers dépassent les 500 mètres recommandés au delà de 3500 mètres d'altitude;
  • Cessez de fumer ;
  • Buvez de l'eau en abondance : plus de 3 litres par jour, pas d'alcool ;
  • Manger régulièrement et en quantité suffisante (mais pas trop non plus). Préférez les aliments énergisants (riz, céréales, pain...) aux graisses ;
  • Vérifiez que votre agence de trekking dispose d'un caisson hyperbare et d'une bouteille d'oxygène ;
  • Imprimer cette page de façon à connaître la symptomatologie du mal aigu des montagnes en cas de signe.

Note

Consultez votre médecin avant de partir. Il fera le point avec vous sur les vaccinations et le mal des montagne et vous pourrez constituer votre trousse à pharmacie avec lui !

Pour aller plus loin :

1 Thèse de Pascale DELLA SANTA sur le mal aigu des montagnes

2 Petit manuel de médecine de montagne d’Emmanuel Cauchy (Editions Glénat)

Auteur : Grégory Rohart infos sur l'auteur | contactez l'auteur | le site de l'auteur