Informations pratiques sur le mal des montagnes (Mam) pour permettre de répondre aux questions essentielles : Comment se manifeste t-il ? comment mesurer sa gravité ? Comment le prévenir ? Que faire en cas de mal des montagnes ?L’organisme n’apprécie pas deux paramètres de l’altitude : la pression diminue et l’oxygène se raréfie. Ce phénomène nécessite une adaptation à l'organisme pour s'habituer en augmentant sa ventilation et le nombre de globules rouges.
L'ascension du Kilimandjaro expose les trekkeurs au mal des montagnes du fait de l'ascension rapide à près de 6000 mètres. Son incidence est variable, mais augmente très rapidement avec l'altitude ; elle serait de 15 % à 2 000 mètres d'altitude et de 60 % à 4 000 mètres. Plus que jamais au Kilimandjaro, des troubles sont donc envisageables. Notez bien que chaque personne réagit différemment à l'altitude. Chacun doit savoir repérer la venue des signes. Avoir réussi plusieurs courses de haute montagne sans troubles ne signifie pas que vous êtes exempts à vie de mal des montagnes.
Différents troubles liés à l'altitude
La cause de ces pathologies est complexe et repose sur l'hypoxie (diminution du taux d'oxygène sanguin). C'est la base du test à l'hypoxie : on fait respirer au repos, puis à l'effort, un gaz à 11,5 % d'oxygène. Selon les résultats, on peut en déduire la sensibilité du sujet.
Echelle de gravité d'Astruc
L'échelle de gravité d'Astruc permet d'évaluer la gravité de la situation et de prendre des mesures adaptées. A chaque symptôme est ainsi associe un "score" dont le total déterminera l'état de la personne.
De 1 à 3 points : Il s'agit d'un mal des montagnes léger. On peut donc continuer a progresser sans dépasser la limite de 300 mètres de dénivelé entre deux nuits consécutives.
De 4 à 6 points : On est en présence d'un mal aigu des montagnes modéré. Il faut donc se reposer 24 heures à la même altitude et éviter les efforts violents. Egalement, prendre de l'aspirine contre les maux de tête ou un diamox et boire abondamment.
Au-delà de 6 points : Dans ce cas, redescendre impérativement et parfaire son acclimatation à une altitude inférieure.
Diamox : remède miracle ?
Le Diamox contient un inhibiteur d'une enzyme particulière : l'anhydrase carbonique. Le blocage de cette enzyme a pour effet de :
Le Diamox acidifie le sang et permet d'accélérer la respiration et donc l'oxygénation.
Toutefois, prendre du Diamox ne supprime pas le mal aigu des montagnes. Ce médicament ne doit être utilisé que pour stabiliser un état avant ou pendant la descente vers une altitude qui permettra d'atténuer les effets du Mam.
L'utilisation du Diamox en prévention fait débat. Alors que la Wilderness Medecine Society la déconseille car des effets secondaires existent1, Emmanuel Cauchy, médecin du secours en montagne à Chamonix et guide de haute-montagne, le préconise : « l’acétazolamide (Diamox) est le plus efficace, surtout en traitement préventif » car « il lui faut 12 à 24 heures pour agir »2.
Médicament délivré sous ordonnance. Consultez votre médecin pour son utilisation.
Eviter le mal des montagnes
Contre-indications
La prévention repose d'abord sur le respect des contre-indications aux séjours en altitude.
Précautions
Note
Consultez votre médecin avant de partir. Il fera le point avec vous sur les vaccinations et le mal des montagne et vous pourrez constituer votre trousse à pharmacie avec lui !
Pour aller plus loin :
2 Petit manuel de médecine de montagne d’Emmanuel Cauchy (Editions Glénat)